Quand est-ce qu’on interdit les lunettes connectées ?
Bon. On pensait être débarrassés de ces saletés suite au flop des Google Glass, mais visiblement, ça revient à la mode. Alors faisons le point…
Quand est-ce qu’on interdit les lunettes connectées ?
💡 Aujourd’hui, on s’attaque à un gros morceau : les lunettes connectées. Bon, le terme officiel, c’est « lunettes intelligentes », de l’anglais « smartglasses » calqué sur « smartphone »…

⚠️ Il y a 15 ans déjà, en 2011, Google lance les hostilités avec les Google Glass.

▶️ Lorsque Google met fin à l’expérimentation en 2015, après un nombre de ventes ridicule, on croit le projet enterré dans la décharge du numérique où viendront vite le rejoindre les NFT et le Métavers.
Mais c’est sans compter sur…
Facebook en 2021.

✷ La multinationale franco-italienne de la lunette. Ce qui nous permet de classer ce projet dans la catégorie « cacarico » : c’est caca, oui, mais c’est un peu français aussi !
💡 Au niveau technique, on reste sur du classique : caméras et microphones intégrés, connexion au téléphone par Bluetooth, et évidemment, stockage sur les serveurs de Facebook, dont on rappellera à toutes fins utiles qu’ils sont soumis aux lois étatsuniennes comme le Patriot Act.

Une question se pose donc assez rapidement :
Quand est-ce qu’on interdit ces merdes ?

⚠️ Il n’y a AUCUN univers où filer des lunettes connectées à tout le monde, ça se passe bien.


⚠️ Là, si on commence à avoir des lunettes connectées un peu partout, on se lance sur un chemin dystopique à un niveau hallucinant.
(Surtout si, comme pour les fameuses enceintes connectées, les lunettes filment et enregistrent un peu quand Facebook le veut, sans qu’on ait des masses de contrôle sur les données et ce qui en est fait).
C’est la certitude, ou plutôt l’incertitude – ce qui est presque pire – d’être filmé, enregistré et analysé en permanence.

D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas : dans une étude de la CNIL, on apprend que deux tiers des sondés trouvent que c’est un risque pour la vie privée.

▶️ Pour les lunettes connectées comme pour l’IA générative, on aimerait voir les mêmes précautions que pour le clonage humain, rapidement interdit après la naissance de Dolly, la première brebis clonée en 1997.

⚠️ Rappelons que le mantra de Facebook a longtemps été « move fast and break things », ce qui signifie donc « bouger vite et casser des trucs ». En général, quand quelqu’un annonce ses intentions aussi clairement, on ne lui déroule pas le tapis rouge.

Ceci dit, ne soyons pas totalement négatifs, il reste un peu d’espoir, notamment du côté de l’Union européenne :
le Règlement sur l’intelligence artificielle, par exemple, enquiquine pas mal Meta et compagnie sur la question de l’exploitation des données des lunettes par IA.

💡 Ces rares freins sont un début, mais restent timides par rapport à l’ampleur du problème. Connaissant l’historique des GAFAM, est-ce que ce sera vraiment suffisant ?

⚠️ Ce serait donc pas mal de ne pas trainer pour légiférer sur les objets de surveillance généralisées que sont ces lunettes connectées : pour une fois, on pourrait avoir un cadre légal contraignant et protecteur (pour nous) en amont du bazar.

Sources :
-
Les lunettes connectées : la CNIL appelle à la vigilance (CNIL)
-
Europe Can’t Get Meta Ray-Ban Display Because of EU Regulations) (Gizmodo [EN])
Crédit : Gee (Creative Commons By-Sa)